Le Gèlèdé, spectacle yorouba

Oju to ba ri Gèlèdé ti de opin iran. »

(Les yeux qui ont vu le Gèlèdé ont vu le spectacle ultime.)

Célébration de awon iya wa, nos mères ― une éloge Yorouba aux pouvoirs spirituels des femmes.
Photographie de David Paul Carr

Le Gèlèdé, à travers les yeux de l’observateur

« Les performances préliminaires intensifient l’anticipation et l’exitation de la foule, car elles sont un signe avant-coureur de l’apparence imminente des maîtres danseurs vêtus de costumes complets et de coiffures minutieusement sculptées. Ils entrent l’espace de danse d’un côté et se déplacent vers les joueurs de tambour en reproduisant leurs rythmes complexes avec les férailles sur leurs jambes. Ensuite, en de grands gestes théatraux, ils font des solos de danse virtuoses en réponse aux défis battus par les musiciens — des phrases rythmiques appellées eka.

« A mesure que le crépuscule approche, et après une éblouissante série de danseurs masqués représentant d’innombrables aspects de la vie et de la pensée yorouba, un masque final — une synthèse de la déesse, l’ancètre et la prétresse — apparait pour conclure et bénir le spectacle Gèlèdé. Son ensemble blanc luisant dans l’obscurité croissante, Iya Odua (Mère Odua) avance avec des pas mesurés vers la place du marché accompagnée de sa prêtresse, sa tenue mirroitant celle de sa maîtresse pour unir visuellement le domaine de la terre à celui des cieux. » 

― Henry J. Drewal, Auteur, Historien, Conservateur de l’art Africain

« Souvent, on les entend avant de les voir. Le tintement des grelots et le grondement des tambours les devancent dans l’arène. Puis apparaissent des danseurs aux atours flamboyants, couronnés de masques parfois aussi hauts que  des tours de bois, sertis de fables colorées, de messages sociaux et de symboles de pouvoirs. La mascarade est codifiée, émaillée de prières, de chants et de louanges. Après des siècles d’existence, le patrimoine Guèlèdè, proclamé chef d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité par l’UNESCO en 2001, n’a rien perdu de sa superbe.

Pour être l’un des joyaux de l’héritage culturel Yorouba, le Guèlèdè ne saurait être réduit à une simple danse. C’est une société de masques indétachable d’un ensemble de rites, de mythes et de rythmes, et d’un culte dédié aux esprits des Mères – ‘Awon Iya’ en langue yorouba. »

— Laeïla Adjovi, Journaliste, Photographe Franco-Béninoise

À travers l’objectif du photographe

À travers le mouvement et le son

« La participation au Gèlèdé est une experience spirituelle intense: frapper le tambour, danser en costume, recevoir la bénédiction du masque, ou répondre à la musique, c’est comme être chargé d’énergie divine. »

― Babatunde Lawal, Spécialiste Yorouba, Chercheur, Auteur, et Participant au Gèlèdé

Sources et lectures complémentaires

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