Histoire de l’Afrique de l’Ouest en un clin d’œil

De toutes les régions du continent africain, c’est l’Afrique de l’Ouest qui a eu la plus grande concentration d’anciens royaumes et empires dans son histoire précoloniale.

Ce n’est pas une tâche facile que de tenter de prendre des clichés de l’Afrique de l’Ouest à divers moments de son évolution. Même les royaumes les plus importants de l’histoire de la région — les empires du Mali, Songhai, du Ghana, Ashanti, etc. —, avec leurs frontières toujours changeantes, ne donnent que des images troubles. Les petites communautés et les territoires tribaux, qui ont toujours parsemé le paysage, sont encore plus flous et, bien qu’ils aient eu, sans aucun doute, un impact sur l’histoire culturelle de l’Afrique de l’Ouest, ils ont dû être omis.

 

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0 - 300 apr. J-.C. : La culture de Nok

La culture de Nok

Parmi les sociétés du Néolithique et de l’Âge de Fer en Afrique de l’Ouest, la culture de Nok est peut-être la toute première et la plus connue, datant de 1000 av. J.-C. Cette société très développée s’est épanouie sur le plateau de Jos qui surplombe la confluence des fleuves  Niger et Bénoué, et a exercé une influence considérable sur une vaste étendue. La terre des sites archéologiques de Taruga et de Jos était parfaite pour préserver les anciennes poteries et statues en terre cuite du peuple de Nok ; leurs sculptures détaillées d’humains et d’animaux varient en échelle de grandeur nature à 2,5 cm.

Grâce à la découverte d’outils et d’objets en fer à Nok, les chercheurs savent que l’Âge de Fer a commencé en Afrique de l’Ouest aux alentours de 500 av. J.-C., alors que même en Egypte et en Afrique du Nord, l’usage du fer n’était pas encore généralisé. Contrairement à la plupart des autres cultures qui sont passées du Néolithique à l’Âge de Fer, la culture de Nok a évolué directement de la pierre au fer, sans connaître les étapes des âges du bronze et du cuivre. Ceci a amené les chercheurs à se demander si la technologie de production de fer a été apportée d’une autre région, ou si les Nok l’ont découverte par eux-mêmes.

 

Djenné-Djenno

L’ancienne ville de Djenné-Djenno comptait une population considérable, comme l’indiquent les cimetières bondés qui ont été déterrés. Les habitants faisaient probablement pousser leur propre nourriture : comparé aux conditions arides de la région aujourd’hui, les précipitations auraient été abondantes à leur époque. Les habitants de Djenné-Djenno étaient des forgerons habiles qui créaient des outils et des bijoux en fer.

La ville faisait partie d’un réseau commercial bien développé, quoique son étendue fasse toujours débat. L’absence de toute source de fer dans les environs pour leur industrie métallurgique, ainsi que la présence de perles romaines et hellénistiques sur le site suggèrent à certains chercheurs que la ville avait des relations avec des terres distantes.

 

Les émigrations

Le peuple bantou est originaire du centre de l’actuel Nigeria, mais a commencé son émigration vers le centre, et plus tard, le sud de l’Afrique vers 1000 av. J.-C.  À cette époque, il reste peu de Bantous, voire aucun, dans la région, mais les échos de leurs culture et traditions résonnent encore à travers l’Afrique de l’Ouest.

Vers 200 av. J.-C., des groupes akan ont commencé à se déplacer vers l’ouest, depuis la région située autour du Lac Tchad. Au cours des siècles suivants, ils traversèrent des rivières et des forêts denses pour atteindre la côte de l’actuel Ghana.

300 - 700 apr. J-.C. : La culture de Bura

La culture de Bura

On sait peu de choses sur la culture de Bura, dans la vallée du Niger, si ce n’est qu’elle a prospérée entre le IIIe et le XIIIe siècle apr. J.-C., et a produit des objets de pierre, de fer et d’argile qui lui sont propres. La découverte d’une nécropole à Bura en 1975 et, plus tard, de sites religieux et d’habitations dans les alentours est relativement récente, et il faudra encore du temps pour mieux comprendre cette culture mystérieuse.

Dans les nécropoles, des cercueils particuliers, en forme de pots de faïence, ont été trouvés, ornés de représentations anthropomorphes, et contenant des crânes humains. En-dessous se trouvaient le reste des os. En creusant encore plus profondément, les archéologues ont déterré des squelettes humains entiers qui reposaient sur des appuie-têtes et portaient des bracelets en cuivre comme ceux illustrés sur les pots trouvés au-dessus. Des têtes de flèches en fer ont été retrouvées systématiquement près des crânes à la surface, ce qui conduit les chercheurs à penser que ces hommes étaient peut-être les gardiens des morts, sacrifiés pour accompagner les personnes statut social plus élevé, enterrées plus profondément, dans l’au-delà.

 

Les villes et le commerce

Avec le développement de la ville de Djenné-Djenno, le commerce s’est bien établi. D’autres arrêts sur les voies commerciales se sont développés, comme Teghazza et Takedda.

Teghazza, situé à l’extrême nord de l’actuel Mali, deviendra un village producteur de sel, gouverné et contrôlé par les Berbères du Maghreb, et, grâce à la richesse de ses ressources, se développera rapidement en une étape importante sur les routes transsahariennes.

Takedda, ville minière de cuivre rouge au centre de l’actuel Niger, elle aussi fondée et gouvernée par les Berbères, était habitée par des Touaregs, et elle est devenue un centre de commerce important dans l’ouest du Soudan.

 

L'Islam

L’an 622 marque la date où le prophète islamique Mahomet fuit la Mecque jusqu’à Médine dans son hijra, et marque le début du calendrier musulman. De là, l’Islam s’est lentement répandu vers l’ouest et le sud, à travers le Sahara, porté par les marchands itinérants, en particulier les commerçants berbères de l’Afrique du Nord, qui, après avoir été envahis par les arabes musulmans, ont accepté la nouvelle religion.

700 apr. J-.C. : Naissance de l’empire du Ghana

Le Ghana a peut-être été établi tout d’abord comme une cite-État dès le IIIe siècle, fondé par les Soninkés comme poste de commerce. Le petit État s’est développé en royaume, puis, de là à l’an 700, est devenu le premier empire important de l’Afrique de l’Ouest. Koumbi Saleh est devenue la première capitale de l’empire, aussi bien que de la région, connectée aux nouvelles voies commerciales transsahariennes. La population de l’empire était diverse, comprenant plusieurs groupes ethniques comme les Ewés, les Mandés, les Berbères du nord et bien sûr, les Soninkés.

La situation géographique de l’empire, près des champs aurifères de Bambouk, Bure et Wangara, et en plein centre de la traite de sel entre le nord et le sud, lui permettra de créer une économie robuste. Dès le VIIIe siècle, l’empire du Ghana était déjà appelé « la terre de l’or » à travers la région et bien au-delà, sa réputation se propageant comme un feu de brousse le long des routes commerciales jusqu’en Afrique du Nord.

800 apr. J-.C. : Tékrour et Gao

Tékrour

Établi par le peuple toucouleur de la vallée  du fleuve Sénégal, le royaume de Tékrour a été le premier État de la région à adopter l’Islam. Bien que devenu un État islamique robuste, Tékrour n’a jamais pu se défaire pour très longtemps du contrôle de ses puissants voisins : d’abord sous l’emprise de l’empire du Ghana, il a ensuite été conquis par celui du Mali.

Écrivant bien plus tard, en 1270, Ibn Saïd a dépeint les aristocrates de Tékrour et leur affinité avec les commerçants blancs du Maghreb, dont ils imitaient les tenues et la cuisine. Il a aussi décrit deux sections distinctes de la population de Tékrour : les sédentaires, ancêtres des actuels Toucouleurs, et les nomades, qui deviendront les Peuls.

 

Gao (ou Kaw-Kaw)

Les débuts de la ville de Gao sont obscurs. Elle a été fondée pendant le VIIe siècle, soit comme village pêcheur des Songhaïs, soit pour servir d’étape aux commerçants d’or berbères. Quoiqu’il en soit, la ville a rapidement fleurit et elle est devenue un centre majeur de commerce en Afrique de l’Ouest. L’empire de Gao s’est étendu depuis la ville le long du Niger sous la direction des Songhaïs. Au IXe siècle, Gao était déjà une puissance régionale.

900 apr. J-.C. : Kanem

La naissance de Kanem

Kanem était un royaume situé sur la rive nord-est du Lac Tchad, dont des sujets étaient un mélange de peuples berbère, duguwa et zaghawa.

Contrairement aux empires occidentaux de Ghana et Gao, la fortune de Kanem n’était pas basée sur l’or. Les rois de Kanem ont construit leur empire sur leur bétail et, propulsés par une large cavalerie, sur le raid d’esclaves. Au IXe siècle, les habitants de Kanem étaient encore nomades, vivant dans des habitations temporaires faites de paille et de roseaux. Au cours du siècle, ils ont commencé à se sédentariser autour des terres humides du bassin du Lac Tchad.

Les visiteurs musulmans ont dit que le chef de Kanem était « vénéré à la place de Dieu », qu’il faisait de n’importe lequel de ses sujets un esclave quand l’envie lui prenait ; et si par malheur quelqu’un croisait le chemin des dromadaires portant les provisions de nourriture du roi, il était tué sur le coup pour maintenir l’illusion que le roi ne mangeait pas.

 

La floraison du Ghana

Dans l’ouest, l’empire du Ghana a annexé le centre de commerce saharien d’Aoudaghost, ce qui marque le début d’un âge d’or pour le royaume. Comme plusieurs autres petits royaumes dans la région, Tékrour a été incorporé dans le territoire de l’empire, mais il continue de prospérer sous le règne du Ghana. Les rois des États subjugués ont le droit de continuer à gouverner leurs terres, pendant que le roi de Ghana garde un contrôle centralisé sur l’empire.

Al-Bakri, le fameux historien et géographe arabe, a plus tard brossé un tableau de la pompe et la cérémonie qui entourait les rois animistes de Gao et de Ghana. L’historien a décrit la garde-robe splendide qui séparait le roi de Ghana des autres hommes : il portait un turban doré, de nombreux colliers et bracelets, et seuls lui et son héritier manifeste pouvaient porter des habits cousus. Ses sujets se prosternaient à son approche et se saupoudraient la tête de terre ou de cendres, une coutume qu’al-Bakri considère comme un affront à l’Islam, tout en reconnaissant que le roi accordait aux musulmans le droit de ne pas adhérer à la coutume, à condition qu’à la place ils applaudissent poliment.

À Kaw-Kaw (Gao), les repas du roi étaient ritualisés, comme le relate al-Bakri ; les femmes dansaient au son des tambours, et tout commerce dans la ville était suspendu pendant qu’il se restaurait. Des cris et des exclamations résonnaient à travers la ville pour annoncer la fin de chaque repas royal.

1000 apr. J-.C. : États Haoussa

Les Royaumes haoussas

Dans la région haoussaphone du nord de l’actuel Nigeria, plusieurs cité-États se sont établies. Les voyageurs islamiques passant par la région ont décrit Gobir, Kano, Daura et les autres comme des villes fortifiées, entourées de murs, appelées birnis. Ces villes étaient des capitales dans un système féodal où chaque chef local contrôlait sa propre armée de cavaliers. Les origines de certaines des villes remontent aux Ve ou VIe siècles, mais les cité-États individuelles ne se sont regroupées dans une alliance gouvernée par des rois semi-divins qu’au XIe siècle.

Les traditions orales des Haoussas parlent de Bayajida, un prince mythique originaire du Moyen-Orient, qui est dit être l’ancêtre commun de tous les Haoussas. Les descendants de son premier fils, né de la reine, ont fondé les sept États originaux, « vrais » et « légitimes », appelés Haoussa Bakwai : Kano, Rano, Daura, Biram, Gobir, Katsina et Zazzau (aussi connu sous le nom Zaria). Les autres États sont appelés Banza Bakwai, les « faux » États, ou « États bâtards », car ils ont été fondés par les descendants de l’autre fils de Bayajida, né d’une concubine. Ces « faux » États varient en fonction de la source, mais la plupart du temps, ils incluent : Nupe, Zamfara, Kebbi, Gwari, Kwararafa (aussi connu sous le nom Jukun), Ilorin, Yauri et Yorouba.

Ces États formaient une confédération lâche qui n’a jamais développé d’autorité centrale, et les rivalités entre eux à propos de politiques et de droits commerciaux ont souvent mené à des accrochages. Ces petites disputes ont rendu les États haoussas vulnérables aux autres pouvoirs africains : à plusieurs moments dans leur histoire, ils ont été forcés de payer des tributs à d’autres États, comme Kanem-Bornou et l’Empire songhaï.

Mais les Haoussas étaient aussi alliés et coopératifs, ce qui a permis à chaque État de développer une spécialité fondée sur leur emplacement géographique et leur besoins. Par exemple :

  • Zazzau est devenu le « chef des esclaves », l’État qui fournissait les prisonniers et les otages, capturés par la force, qui étaient envoyés travailler dans les champs de l’État centré sur l’agriculture, Kebbi.
  • Le nom Daura veut dire « forgeron », et cet État était naturellement centré sur l’artisanat et le commerce, tout comme Katsina, qui était situé sur les routes des caravanes. Katsina et Daura étaient appelés les « chefs du commerce ».
  • Rano et Kano, les « chefs de l’indigo », produisaient du coton et avaient un monopole sur les étoffes et les textiles.
  • Gobir, l’État le plus au nord, était le « chef de guerre », censé protéger les autres de menaces externes comme Kanem-Bornou ou l’empire du Ghana.

1100 apr. J-.C. : Déclin de l’empire du Ghana

Le Ghana

En 1072, sous la direction d’Abou Bakr ben Omar, les Almoravides de l’Afrique du Nord (actuel Maroc et Mauritanie) ont lancé un djihad contre les Soudanais, ceux qui habitaient le désert, mais aussi ceux du Sahel. L’empire du Ghana a été conquis, pillé, et forcé de payer un tribut. Vers 1076, le peuple du Ghana était converti à l’Islam. Après la mort d’Abou Bakr ben Omar, les Almoravides étaient distraits par des affaires internes et ont rapidement perdu le contrôle de leurs territoires soudanais.

L’empire du Ghana a alors regagné son indépendance, mais bien qu’il attirât encore du commerce, il n’a jamais pu retrouver le pouvoir qu’il avait auparavant. Le contrôle de l’or et du commerce transsaharien, dont il dépendait, lui a échappé.

Tékrour était allié aux Almoravides, et leur victoire contre l’empire du Ghana l’a enrichi et fortifié. Tékrour a saisi l’opportunité de déclarer son indépendance de l’empire affaibli.

 

Kanem

Des changements se faisaient sentir à Kanem aussi, avec l’émergence d’une nouvelle dynastie, les Sayfawa, dont le roi, Humé, était un musulman qui avait pris le pouvoir vers 1075. L’Islam n’était pas inconnu avant cela — la plupart des rois précédents avaient au moins lu le Coran — mais Humé est considéré comme le pionnier de la religion à Kanem. De toute évidence un homme pieux, Humé est réputé avoir donné des aumônes généreuses au missionnaire musulman qui l’a instruit : 100 esclaves, 100 dromadaires, 100 pièces d’or et 100 pièces d’argent.

1200 apr. J-.C. : Chute de l’empire du Ghana

La dissolution de l’empire du Ghana

Au XIIIe siècle, l’empire soninké du Ghana était irrémédiablement fragmenté. Les Diarras, qui avaient accumulé du pouvoir, firent sécession, et l’empire du Mali commença à bourgeonner.

Un autre groupe de Soninkés venant du sud, les Soussou, qui n’étaient pas touchés par l’influence de l’Islam du nord — et les conflits avec lui —, prirent le dessus. Soumaoro Kanté, le chef des Soussous,  conquit les anciens territoires du Ghana et se tailla une réputation pour le harcèlement et les persécutions qu’il fit subir aux marchands musulmans. Les relations diplomatiques et commerciales avec le nord connurent sous son règne une inévitable dégradation.

Pendant ce temps-là, les Mandingues avaient développé une série de chefferies, chacune regroupant plusieurs villages voisins entre les rivières du Sénégal et du Niger, gouvernées par différents clans. Les chasseurs ont joué un rôle important dans l’unification de ces clans, puisque leur association ésotérique pouvait transcender les frontières entre les clans, statuts et castes. Les futurs rois du Mali venaient du clan des Keïta qui sont décrits dans les traditions orales comme des « rois-chasseurs ». Au début du XIIIe siècle, cependant, le processus d’unification du peuple Mandingue qui devait plus tard être à la base du futur empire du Mali, était perturbé par leur subjugation par le puissant roi des Soussous, Soumaoro.

La naissance du royaume du Bénin

Loin au sud-est, près de la côte du golfe de Guinée, un petit royaume était en train d’émerger de la cité-État du Bénin. Les traditions orales de la région suggèrent que la dynastie royale du Bénin était une ramification de la monarchie d’Ife, une ville au nord-ouest. Les études et fouilles archéologiques qui ont révélé la tradition emblématique du moulage du bronze du royaume du Bénin semblent étayer cette hypothèse.

L’art complexe du moulage en bronze était à l’origine très couteux et seuls les souverains avaient les moyens de passer commande de leur création, ce qui a eu pour effet de lier très étroitement les guildes de travailleurs de cuivre et de bronze à la cour royale. Ceci était dû à la rareté du cuivre et de ses alliages ; si rares, au début, que les pièces étaient réalisées avec des épaisseurs de métal que les Européens auraient trouvés inconcevablement fines — preuve de la maîtrise des métallurgistes béninois.

1250 apr. J-.C. : L’empire du Mali

La naissance de l’empire du Mali

Les clans et chefferies mandingues, unis sous le légendaire Soundiata Keïta, ont déclaré aux Soussous une guerre d’indépendance. La bataille décisive de Kirina sur le Niger est mise en scène dans les chansons et les histoires des griots comme un combat épique entre deux sorciers puissants : Soumaoro et Soundiata. Après la victoire de Soundiata vers 1235, son armée a continué à conquérir des territoires dans toutes les directions, mais l’étendue exacte de son royaume est incertaine.

Après la guerre de libération, les chefs mandingues ont prêté serment d’allégeance à Soundiata, qui a distribué à chacun un territoire à administrer. Ceci marque la fondation de l’empire du Mali, avec le clan des Keïta comme dynastie de souverains.

 

L’étirement de Kanem

Maintenant dévoué à l’Islam, Kanem s’est étendu vers le nord, stimulé par l’idée de faire du prosélytisme ainsi que par le besoin de contrôler et protéger les routes commerciales venant du Caire. Le Mai (roi) Dounama Dibalami a conquis les territoires jusqu’au Fezzan, la partie sud-ouest de l’actuelle Libye, et a établi une nouvelle capitale à Traghan.

Mais le pays grondait. Les traditions orales relatent la destruction du mune, un talisman préislamique sacré de Kanem, par Dibalami, un acte qui, selon la légende, déclencha les conflits qui ont suivi. Même les musulmans modérés du royaume ont considéré cette destruction comme sacrilège. Que ce fût ou non la cause sous-jacente, des divisions se faisaient sentir parmi les fils du roi, et cette situation n’a qu’empiré après sa mort…

1330 apr. J-.C. : L’empire du Mali à son apogée

L'empire du Mali

Les rois du Mali gouvernaient depuis leur capitale, Niani, le village ancestral du clan des Keïta. Le fils de Soundiata, Mansa Uli, a probablement été responsable de la conquête de la plus grande partie du territoire du Mali, y compris Tombouctou et Gao. Quelques rois plus faibles lui ont succédé, jusqu’à ce qu’un esclave affranchi prenne le pouvoir, Mansa Sakura. Ce dernier a reconquis Gao, où les Songhaïs rebelles avaient déclaré leur indépendance sous son prédécesseur. Après lui, le trône retourna aux héritiers légitimes de la dynastie de Soundiata.

Le règne de 30 ans de Mansa Musa I — un petit-neveu de Soundiata —, entre 1307 et 1337, a marqué un âge d’or pour l’empire du Mali. Bien qu’il ne fût pas le premier roi malien à entreprendre le voyage d’un an vers la Mecque, le pèlerinage célèbre de Mansa Musa en 1324 a laissé une impression profonde sur l’Egypte et a littéralement mis son empire sur la carte mondiale.

Sous son règne, l’empire du Mali atteignit ses frontières les plus lointaines, des vallées de la Gambie et du Sénégal à l’ouest, jusqu’à Gao à l’est. Mansa Musa encouragea la recherche et l’acquisition du savoir, en particulier sur l’Islam, en construisant et en finançant des universités et des mosquées. La ville de Tombouctou s’épanouit comme centre d’érudition, mais aussi comme centre de commerce transsaharien d’or et de sel.

 

Kanem

Après la mort du Mai Dibalami et à cause des troubles civils et des luttes pour la succession, Kanem perdit son emprise sur le Fezzan (sud-ouest de l’actuelle Libye), le représentant du mai sur ce territoire se déclarant indépendant et créant sa propre dynastie. Toujours rongé par ses problèmes internes, Kanem s’efforça de rester intacte.

Carte de l'Afrique de l'Ouest vers 1400 apr. J.-C., qui montre l'empire du Mali, l'empire Djolof, l'empire Songhaï, l'empire de Kanem-Bornou, les Royaumes Haoussas (Kano, Rano, Gobir, Katsina, Daura, Biram, Zazzau, Zamfara, Kwararafa ou Jukun) et le royaume du Bénin, le royaume d'Oyo, et ceux d'Igala et de Nri.

1400 apr. J-.C. : Naissance de l’Empire songhaï

L'affaiblissement de l’empire du Mali

Apres le règne de Mansa Musa, une série de rois dillétantes, d’assassinats et de coups d’États ont tourmenté l’empire du Mali, jusqu’à ce qu’il s’affaiblisse au point de perdre son emprise sur ses territoires distants, en particulier, avant l’an 1400, Gao et Djolof.

Toujours rebelles, les Songhaïs de Gao saisirent l’opportunité de se détacher pour de bon, une indépendance pour laquelle ils avaient maintes fois lutté sans succès durable.

Au nord de la Gambie, les Wolofs déclarèrent leur indépendance sous Ndiadiane Ndiaye, le premier bourba (roi) de l’empire Djolof. Le bourba était choisi par un collège électoral composé des chefs des États vassaux comme Cayor, Baol et Waalo. Hormis l’envoi annuel de cadeaux au bourba, ces chefs étaient quasiment autonomes. Il est très probable qu’ils élisaient délibérément des bourbas faibles, qui n’interviendraient pas dans leurs affaires.

Les Touaregs de Tombouctou, qui avaient pendant longtemps reconnu l’autorité de l’empire du Mali, allaient très bientôt se rendre compte de la faiblesse de l’armée impériale.

 

Kanem et Bornou

À l’est, les guerres internes étaient encore en pleine fureur à Kanem et les branches cadettes de la lignée royale menaçaient de prendre le trône. En outre, les arabes de l’est étaient en train d’empiéter sur le territoire. Ceux-ci capturaient et vendaient les citoyens musulmans de Kanem en esclavage et tuèrent l’un des frères du mai. Harcelé de tous côtés, le Mai Omar ibn Idris, accompagné de son entourage, fut forcé de fuir sa cour et de se réfugier au sud du Lac Tchad vers 1390. Cet exode marque la fondation du nouveau royaume de Bornou.

À partir de cette époque, les histoires des deux royaumes de Kanem et de Bornou sont si entrelacées — les royaumes se fondant parfois l’un dans l’autre — qu’il est presque impossible de les séparer l’un de l’autre et on en parle souvent comme un État unique : Kanem-Bornou.

 

Oyo

Les origines du royaume d’Oyo, bien qu’obscures et modelées par des légendes locales ayant plus à voir avec les besoins des souverains ultérieurs qu’avec des faits historiques, peuvent être retracées à cette période. Ce petit royaume, qui ne semble pas avoir eu beaucoup d’importance avant le XVIIe siècle, deviendra une nation puissante et ses traditions auront une grande influence sur la culture Yorouba, qui perdure aujourd’hui.

Carte de l'Afrique de l'Ouest vers 1400 apr. J.-C., qui montre l'empire du Mali, l'empire Djolof, l'empire Songhaï, l'empire de Kanem-Bornou, les Royaumes Haoussas (Kano, Rano, Gobir, Katsina, Daura, Biram, Zazzau, Zamfara, Kwararafa ou Jukun) et le royaume du Bénin, le royaume d'Oyo, et ceux d'Igala et de Nri.
Carte de l'Afrique de l'Ouest vers 1475 apr. J.-C., qui montre l'empire du Mali, l'empire Djolof, l'empire Songhaï, l'empire de Kanem-Bornou, le sultanat de l'Aïr, les Royaumes Haoussas (Kano, Rano, Gobir, Katsina, Daura, Biram, Zazzau, Zamfara, Kwararafa ou Jukun) et le royaume du Bénin, le royaume d'Oyo, et celui d'Igala et de Nri.

1475 apr. J-.C. : Croissance Songhaï

Le déclin de l’empire du Mali a laissé un vide politique que les Songhaïs de Gao n’ont été que trop heureux de remplir.

La conquête songhaï de Tombouctou et Djenné

Voyant la faiblesse de l’empire du Mali, les Touaregs ont lancé des tentatives d’attaques sur Tombouctou pour tester leur force militaire. Ne trouvant que très peu de résistance, les Touaregs changèrent de tactique vers 1433, en décidant de vendre leur protection au gouverneur de la ville. Mais le protecteur est rapidement devenu un oppresseur, maltraitant les habitants de la ville. Le gouverneur de Tombouctou offrit donc la capitulation sans condition de la ville aux Songhaïs dans l’espoir d’être débarrassés des Touaregs. Sonni Ali, le roi des Songhaïs, accepta l’invitation et chassa les Touaregs ainsi que leurs partisans hors de la ville.

Sonni Ali continua à conquérir le territoire le long du Niger, mettant à profit les embarcations de ses pêcheurs Sorko pour mener des offensives le long du fleuve. Djenné tomba de famine après un long siège de 400 bateaux pendant la période de crue.

Sonni Ali construisit beaucoup de résidences royales le long du fleuve, à Gao, Kukiya, Kabara, etc., mais, constamment en guerre, il ne resta jamais assez longtemps pour les apprécier.

 

Le sultanat de l’Aïr

Les habitants du désert situé dans le massif de l’Aïr, au centre de l’actuel Niger, ont formé un sultanat qui était réputé être plus puissant que ses homologues à Takedda et Tadmekka. Al-Umari a rapporté que le revenu principal du sultanat venait de leurs bêtes de somme, en particulier de leurs dromadaires, car leurs habitants touaregs contrôlaient une grande partie du transport de marchandises à travers le désert. Outre les Touaregs, la majeure partie de la population était composée de Haoussas.

Le sultan de l’Aïr semble n’avoir servi que d’arbitre entre les différentes factions touaregs et n’a jamais créé un solide gouvernement centralisé. Seuls les enfants de mères serviles (comme les concubines) pouvaient devenir sultans. Léon l'Africain a noté que le sultan devait satisfaire ses sujets ou risquer sa propre destitution.

Carte de l'Afrique de l'Ouest vers 1475 apr. J.-C., qui montre l'empire du Mali, l'empire Djolof, l'empire Songhaï, l'empire de Kanem-Bornou, le sultanat de l'Aïr, les Royaumes Haoussas (Kano, Rano, Gobir, Katsina, Daura, Biram, Zazzau, Zamfara, Kwararafa ou Jukun) et le royaume du Bénin, le royaume d'Oyo, et celui d'Igala et de Nri.
Carte de l'Afrique de l'Ouest vers 1520 apr. J.-C., qui montre l'empire du Mali, l'empire Djolof, le royaume de Denianké, l'empire Songhaï, les royaumes Mossis, l'empire de Kanem-Bornou, les Royaumes Haoussas (Kano, Rano, Gobir, Katsina, Daura, Biram, Zazzau, Zamfara, Kwararafa ou Jukun), le royaume de Bénin, le royaume d'Oyo, et ceux d'Igala, de Nri et du Borgou.

1520 apr. J-.C. : Épanouissement de l’Empire songhaï

L'expansion d’Askia Mohammed

Contrairement à Sonni Ali, qui était le « roi-sorcier », imprégné du mysticisme traditionnel des Songhaï, Askia Mohammed, qui prit pouvoir en 1439, était le « roi-pèlerin ». Lorsqu’il revint de son pèlerinage de deux ans, entrepris très tôt dans son règne, il rapporta avec lui non seulement le titre d’al-hajj, mais aussi celui de calife.

Si Sonni Ali, traitait les musulmans intellectuels de manière impitoyable, Askia Mohammed, comme calife, les accueillit dans l’empire et cultiva leur soutien.

Askia Mohammed parvint à agrandir l’empire grâce à la création d’une armée professionnelle qui incorporait les esclaves des territoires conquis. Sous son règne, l’empire atteint son apogée, balayant les vestiges de l’empire du Mali vers l’ouest.

Les royaumes Mossis et du Borgou résistèrent aux attaques des Songhaïs avec acharnement, ce qui leur valait d’être considérés comme les pires ennemis de l’empire. À eux seuls, ils furent l’obstacle qui empêcha l’expansion vers le sud de l’Empire songhaï.

Les royaumes Mossis

Plusieurs États ont formé les Royaumes mossis dans la région de la Haute-Volta, mais leurs histoires sont vagues et pleines de contradictions. Les traditions orales datent les royaumes de quelque part entre les XIe et XVe siècles, mais les ancêtres du peuple mossi sont probablement arrivés dans la région de la Volta vers le XIIIe siècle.

Dès cette époque, il est clair que les Royaumes mossis étaient devenus un puissant collectif. Malgré les efforts du djihad songhaï pour les convertir à l’Islam et conquérir leur territoire, qui les décima vers 1479, ils continuèrent à refuser l’asservissement et s’opposèrent furieusement, pied à pied, à l’avance des Songhaï.

 

Les Deniankés

Sous la direction de Tenguella (ou Temala selon les documents portugais), les émigrés peuls sont arrivés dans la région du Fouta-Djalon où ils ont contesté l’autorité des Maliens et assemblé plusieurs différents groupes ethniques. Ils ont voyagé vers le nord, traversant la Gambie jusqu’à arriver dans la région nord de l’actuel Sénégal, le Fouta-Toro. Tenguella, ainsi que son fils, Koli, et leurs descendants, les Deniankés, ont mis en œuvre une politique agressive d’expansion, s’affrontant souvent à leurs voisins du Mali, Songhaï et Djolof.
Carte de l'Afrique de l'Ouest vers 1520 apr. J.-C., qui montre l'empire du Mali, l'empire Djolof, le royaume de Denianké, l'empire Songhaï, les royaumes Mossis, l'empire de Kanem-Bornou, les Royaumes Haoussas (Kano, Rano, Gobir, Katsina, Daura, Biram, Zazzau, Zamfara, Kwararafa ou Jukun), le royaume de Bénin, le royaume d'Oyo, et ceux d'Igala, de Nri et du Borgou.
Carte de l'Afrique de l'Ouest vers 1600 apr. J.-C., qui montre l'empire du Mali, l'empire de Denianké, les royaumes de Waalo, Djolof, Cayor, Baol, Sine, Saloum et Kaabu, le royaume de Koya, le Palishak de Tombouctou sous l'empire du Maroc, le royaume songhaï de Dendi, le sultanat de l'Aïr, les royaumes Mossis, l'empire de Kanem-Bornou, les Royaumes Haoussas (Kano, Rano, Gobir, Katsina, Daura, Biram, Zazzau, Zamfara, Kebbi, Nupe, Kwararafa ou Jukun), le royaume du Bénin, le royaume d'Oyo, le royaume de Dahomey, et ceux d'Igala, d'Ijebu, de Nri et de Borgou, et la Côte-de-l'Or Néerlandaise.

1600 apr. J-.C. : Invasion marocaine

La destruction de l’Empire songhaï

L’invasion du territoire des Songhaïs par le Maroc a marqué un tournant important dans l’histoire de l’Afrique de l’Ouest.

Face à des difficultés financières et avec de grandes ambitions de créer un califat magnifique dans le Soudan, qui pourrait rivaliser avec celui des Ottomans, l’empire du Maroc jeta son dévolu sur les routes commerciales du sud et le riche Empire songhaï.

Teghazza, avec ses mines de sel apparemment sans fond, très proche de la frontière marocaine, a été leur première conquête en 1586. La ville avait été prévenue de l’attaque et les habitants avaient pu fuir à temps pour éviter toute effusion de sang. L’askia des Songhaï ne ne se préoccupa pas de défendre Teghazza car les mines étaient pratiquement épuisées et une autre source de sel avait été trouvée ailleurs.

La tension continua de monter entre le sultan du Maroc et l’askia des Songhaï, à tel point que les Marocains envoyèrent leur armée à travers le Sahara — où la moitié des soldats périrent. Elle progressa jusqu’à Tondibi, où une bataille décisive eu lieu. Bien que largement surpassée en nombre, l’armée marocaine fut victorieuse grâce à la puissance de tir bien supérieure des onéreux mousquets acheté aux Européens. Les Marocains conquérirent ensuite Djenné, Tombouctou, et Gao, mais ces centres de commerce ne leur donnèrent jamais la richesse et le pouvoir qu’ils désiraient, et la logistique nécessaire au gouvernement d’une région si lointaine, de l’autre côté du désert, prévint d’avantage de conquêtes. Sous le règne des Marocains, les villes autrefois animées de Tombouctou et Gao flétrirent par manque d’entretien.

 

L'effondrement de l’Empire djolof

Le long du littoral de l’actuel Sénégal, les rois des royaumes vassaux de l’Empire djolof se sont enrichis grâce au commerce provenant de la côte et sont ainsi devenus plus puissants que le bourba Djolof. Le damel de Cayor fut le premier à se détacher, très vite suivi du brak de Waalo et des autres.
Carte de l'Afrique de l'Ouest vers 1600 apr. J.-C., qui montre l'empire du Mali, l'empire de Denianké, les royaumes de Waalo, Djolof, Cayor, Baol, Sine, Saloum et Kaabu, le royaume de Koya, le Palishak de Tombouctou sous l'empire du Maroc, le royaume songhaï de Dendi, le sultanat de l'Aïr, les royaumes Mossis, l'empire de Kanem-Bornou, les Royaumes Haoussas (Kano, Rano, Gobir, Katsina, Daura, Biram, Zazzau, Zamfara, Kebbi, Nupe, Kwararafa ou Jukun), le royaume du Bénin, le royaume d'Oyo, le royaume de Dahomey, et ceux d'Igala, d'Ijebu, de Nri et de Borgou, et la Côte-de-l'Or Néerlandaise.
Carte de l'Afrique de l'Ouest vers 1650 apr. J.-C., qui montre l'empire du Mali, l'empire de Denianké, les royaumes de Waalo, Djolof, Cayor, Baol, Sine, Saloum et Kaabu, le royaume de Koya, le Palishak de Tombouctou sous l'empire du Maroc, le royaume de Ségou, le royaume songhaï de Dendi, le sultanat de l'Aïr, les royaumes Mossis, l'empire de Kanem-Bornou, les Royaumes Haoussas (Kano, Rano, Gobir, Katsina, Daura, Biram, Zazzau, Zamfara, Kebbi, Nupe, Kwararafa ou Jukun), les royaumes du Bénin, d'Oyo, d'Igala, d'Ijebu, de Nri et du Borgou et de Dahomey, la Côte-de-l'Or Néerlandaise, et l'empire Denkiyra.

1650 apr. J-.C. : L’empire bambara de Ségou

Le premier royaume de Ségou

Kaladjan Coulibaly a essayé de combler le vide créé par la chute des empires du Mali et de Songhaï avec son premier empire bambara de Ségou. Bien qu’il ait été la force dominante de la région, son empire n’a pas pu survivre à son décès parce qu’il manquait d’organisation politique ; il dépendait de conquêtes militaires pour rester uni. Cinquante ans plus tard, son petit-fils reprendra le flambeau et construira l’empire dont Kaladjan rêvait.

Le règne des Denkiyras

Au sud, dans l’actuel Ghana, le peuple akan s’est organisé en plusieurs États dans les forêts riches en noix de kola et en or, et le long de la côte. Les Denkiyra furent les premiers à dominer plusieurs d’entre eux et devinrent très puissants grâce à leur emprise ferme sur le commerce abondant que les Européens apportaient de la côte. Les rois denkiyras étaient réputés pour créer des objets à partir d’or récemment extrait pour chaque occasion cérémonielle et posséder des boucliers et des épées ornés d’or. Les Ashantis, cependant, avaient l’intention de consolider leur pouvoir afin de renverser leurs suzerains denkiyras…

La traite des esclaves

La traite transatlantique d’esclaves était maintenant en pleine effervescence, mais le concept était loin d’être étranger aux Ouest-Africains. Comme dans la plupart des autres parties du monde, les esclaves représentaient une part importante des échanges et étaient une source de main d’oeuvre en Afrique de l’Ouest.

La traite intérieure d’esclaves

Tout au long de son histoire, une grande partie d’Afrique de l’Ouest avait souffert d’un sous-peuplement chronique à cause d’une mortalité infantile élevée qui maintenait le taux d’accroissement naturel des populations à un niveau insuffisant pour résister aux sècheresses, aux épidémies et aux guerres. L’import d’esclaves était un remède à cela.

À Kanem-Bornou, un individu riche pouvait posséder des milliers d’esclaves, tandis qu’une personne de modestes moyens en possédait souvent au moins deux ou trois.

Les esclaves se trouvaient à tous les niveaux de la société ouest-africaine : ils étaient fermiers, maçons, tisserands, cuisiniers, pages, concubins, travailleurs dans les mines de sel et d’or, et même marchands délégués dans les caravanes de commerce. Dans certaines régions, comme les États haoussas, un esclave pouvait espérer occuper un poste officiel important. À Bornou, l’armée était composée principalement d’esclaves de l’État ou du roi, même dans les plus hautes positions de commandement. Un homme haoussa du XIXe siècle qui était un ex-esclave à Bornou a dit : « le pays de Bornou — je dis la vérité — est un pays d’esclaves. »

Il serait facile de déduire de cette image, ainsi que de l’absence de rebellions d’esclaves dans l’histoire ouest-africaine, que ceux-ci étaient bien traités sur le continent. Mais les références récurrentes aux fugues d’esclaves et de captifs, certains s’enfuyant même seuls au milieu du désert du Sahara où leurs chances de survie étaient minuscules, montrent bien que beaucoup d’entre eux trouvaient leur avenir intolérable.

La traite occidentale

Ainsi, quand, au XVIe siècle, les marchants portugais au château d’Elmina demandèrent d’acheter des esclaves aux royaumes côtiers, les Africains ne virent aucune raison d’empêcher les Européens de participer à la traite. Ils avaient, après tout, vendu leurs esclaves aux blancs d’Afrique du Nord auparavant. Et les royaumes du littoral, comme ceux des Ashanti, Oyo et Bénin ont ensuite énormément profité de ce commerce avec les Européens.

La traite européenne se distingue de la traite intérieure par le volume considérable d’esclaves expédiés par bateau en si peu de temps — 12 millions de personnes enlevées d’Afrique d’après les estimations actuelles, dont a peu près un tiers d’Afrique de l’Ouest. Cette énorme demande a précipité une instabilité politique dans la région en raison des rivalités entre les nations africaines qui s’affrontaient pour leur commerce, et les raids sont devenus de plus en plus violents en raison de l’usage des nouveaux fusils fournis par les Européens. La traite occidentale d’esclaves a aussi renforcé l’élément racial, qui sous-tendait une inhumanité qui était loin d’être aussi criante auparavant.

Carte de l'Afrique de l'Ouest vers 1650 apr. J.-C., qui montre l'empire du Mali, l'empire de Denianké, les royaumes de Waalo, Djolof, Cayor, Baol, Sine, Saloum et Kaabu, le royaume de Koya, le Palishak de Tombouctou sous l'empire du Maroc, le royaume de Ségou, le royaume songhaï de Dendi, le sultanat de l'Aïr, les royaumes Mossis, l'empire de Kanem-Bornou, les Royaumes Haoussas (Kano, Rano, Gobir, Katsina, Daura, Biram, Zazzau, Zamfara, Kebbi, Nupe, Kwararafa ou Jukun), les royaumes du Bénin, d'Oyo, d'Igala, d'Ijebu, de Nri et du Borgou et de Dahomey, la Côte-de-l'Or Néerlandaise, et l'empire Denkiyra.
Carte de l'Afrique de l'Ouest vers 1700 apr. J.-C., qui montre les royaumes bambaras de Ségou et Kaarta, l'empire de Denianké, les royaumes de Waalo, Djolof, Cayor, Baol, Sine, Saloum et Kaabu, le royaume de Koya, le Palishak de Tombouctou sous l'empire du Maroc, le royaume songhaï de Dendi, le sultanat de l'Aïr, les royaumes Mossis, l'empire de Kanem-Bornou, les Royaumes Haoussas (Kano, Rano, Gobir, Katsina, Daura, Biram, Zazzau, Zamfara, Kebbi, Nupe, Kwararafa ou Jukun), les royaumes du Bénin, d'Oyo, d'Igala, d'Ijebu, de Nri et du Borgou, le royaume de Dahomey, la Côte-de-l'Or Néerlandaise et l'empire Ashanti.

1700 apr. J-.C. : Prise de pouvoir des Ashantis

L'essor de l’Empire ashanti

Unissant le peuple ashanti à travers des emblèmes et symboles comme le tabouret d’or, Osei Tutu profita du mécontentement engendré par le harcèlement des Denkyiras pour les renverser. Les Ashantis devinrent et demeurèrent l’empire dominant sur la Côte-de-l’Or jusqu’à la conquête britannique. L’empire a acquis son pouvoir grâce à une force militaire puissante et une concentration sur le commerce d’or et de noix de kola, ainsi que sur le commerce côtier avec les Européens.

L’émergence de Ségou et Kaarta

Le royaume de Ségou s’est formé autour de Biton Mamari Coulibaly, qui a consolidé son pouvoir à travers l’association traditionnelle de jeunes hommes, le ton. Il restructura la société bambara autour de la domination du ton, qui auparavant n’existait que pour rendre service à la communauté. C’est grâce à cette manipulation astucieuse que Biton Coulibaly put fonder l’empire bambara de Ségou.

Kaarta était aussi un royaume bambara, fondé par Massa, un agriculteur célèbre, lointainement apparenté a Biton. Par une politique agressive de raids et une stratégie qui consistait à marier ses nombreuses filles à des gens du peuple plutôt qu’à des princes, le royaume de Massa s’est étendu.

Ségou et Kaarta étaient rivaux depuis leur fondation et les conflits survenaient régulièrement entre les deux royaumes bambaras. Ségou était l’État le plus puissant, centré sur les terres plus riches autour du Niger, qui pouvait nourrir une population plus importante, et il fut donc victorieux dans la plupart des conflits, repoussant Kaarta toujours plus vers l’ouest.

Carte de l'Afrique de l'Ouest vers 1700 apr. J.-C., qui montre les royaumes bambaras de Ségou et Kaarta, l'empire de Denianké, les royaumes de Waalo, Djolof, Cayor, Baol, Sine, Saloum et Kaabu, le royaume de Koya, le Palishak de Tombouctou sous l'empire du Maroc, le royaume songhaï de Dendi, le sultanat de l'Aïr, les royaumes Mossis, l'empire de Kanem-Bornou, les Royaumes Haoussas (Kano, Rano, Gobir, Katsina, Daura, Biram, Zazzau, Zamfara, Kebbi, Nupe, Kwararafa ou Jukun), les royaumes du Bénin, d'Oyo, d'Igala, d'Ijebu, de Nri et du Borgou, le royaume de Dahomey, la Côte-de-l'Or Néerlandaise et l'empire Ashanti.
Carte de l'Afrique de l'Ouest vers 1750 apr. J.-C., qui montre l'imamat du Fouta-Djalon, les royaumes bambaras de Ségou et Kaarta, l'empire de Denianké, les royaumes de Waalo, Djolof, Cayor, Baol, Sine, Saloum et Kaabu, le royaume de Koya, le royaume songhaï de Dendi, le sultanat de l'Aïr, les royaumes Mossis, l'empire Kong, l'empire de Kanem-Bornou, les Royaumes Haoussas (Kano, Rano, Gobir, Katsina, Daura, Biram, Zazzau, Zamfara, Kebbi, Nupe, Kwararafa ou Jukun), les royaumes du Bénin, d'Oyo, d'Igala, d'Ijebu, de Nri et du Borgou, la Confédération d'Aro, le royaume de Dahomey, la Côte-de-l'Or Néerlandaise et l'empire Ashanti.

1750 apr. J-.C. : L’imamat du Fouta-Djalon

Le Fouta-Djalon

Les pasteurs semi-nomades peuls se sont installés dans la région du Fouta-Djalon entre les XIe et XIIIe siècles. Ils pratiquaient leur religion africaine ancestrale et étaient subordonnés aux chefs locaux, négociant sans cesse avec eux les droits de pâturage pour leurs troupeaux toujours croissants du fait de la demande européenne de laine. Leurs cousins musulmans émigrèrent de la région du Fouta-Toro, plus au nord, pendant le XVIe siècle et remirent en cause l’ordre existant  en installant une meilleure gouvernance.

L’Islam est devenu la bannière sous laquelle les Peuls se sont unis dans leur soulèvement populaire pour se libérer de la subordination politique et économique. Il n’existait pas d’État dans la région dont ils auraient pu prendre le contrôle ; tout, sur le plan politique, était à construire, ce qui est sans doute la raison pour laquelle leur djihad a duré aussi longtemps : cinq décennies, de 1725 à 1776.

L’imamat du Fouta-Djalon était le premier d’une série d’États théocratiques à venir. Régi par la charia, la loi islamique, strictement appliquée, l’imamat a été poussé à conquérir les païens des alentours, à la fois pour des raisons religieuses et pour prendre des esclaves à vendre aux Européens.

 

L’empire de Kong

Kong (aussi connu sous le nom Ouattara ou Wattara) a été établi par les Dioulas et a été sans doute le premier État mandingue à fonder son pouvoir sur les armes à feu. Les Dioulas avaient des contacts extensifs avec les Européens car leur ethnie était composée principalement de marchands ambulants. L’empire de Kong s’est développé de façon organique, par son propre élan, sorti d’un besoin de protéger les villes de commerce. Bien sûr, il ne suffisait pas de protéger les villes, il fallait aussi défendre les voies de commerce entre elles pour permettre un flux sans obstacle de marchandises.

Les royaumes d’Oyo et de Dahomey

Au sud, le royaume d’Oyo a atteint son apogée, porté par une énorme cavalerie créée avec les chevaux venus du nord. Dans les années 1700, Oyo est devenu un grand exportateur d’esclaves capturés par des attaques sur ses voisins.

Tout comme le royaume du Bénin, Oyo était un État yorouba, tenu de protéger la ville d’Ife, le centre religieux des Yoroubas. Lors de son couronnement, l’alafin (roi) d’Oyo recevait traditionnellement l’ida oranyan (« l’épée sacrée de l’État ») et en échange de ce symbole d’autorité spirituelle, il devait promettre de défendre Ife. En 1793, l’alafin Awole enfreignit ces coutumes ancestrales en essayant d’attaquer Ife pour capturer des esclaves, ce qui entraîna des soulèvements populaires et des guerres civiles dont Oyo ne put jamais se remettre.

Positionné au centre des voies commerciales entre les autres États yoroubas et les États haoussas, Oyo a dominé les royaumes situés entre les fleuves de la Volta et du Niger. Les relations entre Oyo et Dahomey étaient toujours tendues car ils étaient rivaux dans la traite des esclaves. Dahomey se trouvait au sud de l’actuel république du Bénin et était composé d’un peuple majoritairement Fon avec une élite Aja qui les gouvernait. Oyo a envahi Dahomey plusieurs fois, et en 1730, Dahomey a capitulé car il ne pouvait pas résister aux attaques puissantes d’Oyo. Sous la gouverne d’Oyo, Dahomey a continué à prospérer jusqu’à ce qu’il puisse se libérer d’Oyo avant l’an 1800.

Carte de l'Afrique de l'Ouest vers 1750 apr. J.-C., qui montre l'imamat du Fouta-Djalon, les royaumes bambaras de Ségou et Kaarta, l'empire de Denianké, les royaumes de Waalo, Djolof, Cayor, Baol, Sine, Saloum et Kaabu, le royaume de Koya, le royaume songhaï de Dendi, le sultanat de l'Aïr, les royaumes Mossis, l'empire Kong, l'empire de Kanem-Bornou, les Royaumes Haoussas (Kano, Rano, Gobir, Katsina, Daura, Biram, Zazzau, Zamfara, Kebbi, Nupe, Kwararafa ou Jukun), les royaumes du Bénin, d'Oyo, d'Igala, d'Ijebu, de Nri et du Borgou, la Confédération d'Aro, le royaume de Dahomey, la Côte-de-l'Or Néerlandaise et l'empire Ashanti.
Carte de l'Afrique de l'Ouest vers 1800 apr. J.-C., qui montre l'imamat du Fouta-Djalon, les royaumes bambaras de Ségou et Kaarta, l'imamat du Fouta-Toro, les royaumes de Waalo, Djolof, Cayor, Baol, Sine, Saloum et Kaabu, le royaume de Koya, le Protectorat britannique, le royaume songhaï de Dendi, le sultanat de l'Aïr, les royaumes Mossis, l'empire Kong, l'empire de Kanem-Borno, les Royaumes Haoussas (Kano, Rano, Gobir, Katsina, Daura, Biram, Zazzau, Zamfara, Kebbi, Nupe, Kwararafa ou Jukun), l'empire Sokoto, les royaumes du Bénin, d'Oyo, d'Igala, d'Ijebu, de Nri et du Borgou, la Confédération d'Aro, le royaume de Dahomey, la Côte-de-l'Or Néerlandaise et l'empire Ashanti.

1800 apr. J-.C. : Naissance de l’empire de Sokoto

Le califat de Sokoto

L’Islam a été introduit dans les terres des Haoussas aux environs du XIVe siècle, mais ne s’est pas vraiment implanté avant le XVe siècle. Même à ce moment-là, c’est devenu un Islam « hybride », un amalgame hétéroclite de pratiques et de coutumes islamiques et animistes, syncrétisme caractéristique de l’Afrique de l’Ouest dans les siècles précédant les djihads et, dans une certaine mesure, encore aujourd’hui.

Le califat de Sokoto a émergé d’un vif débat dans les États haoussas. Les élites composées de musulmans peuls intellectuels s’opposaient, de façon plus ou moins affirmée, à cette forme bâtarde d’Islam au profit d’une orthodoxie religieuse pure. D’autres musulmans instruits ne voyaient pas le mal dans le syncrétisme, particulièrement ceux qui, dans les cours royales haoussas, risquaient de perdre leurs positions de scribes, de conseillers, de marchands d’horoscopes, de faiseurs de pluie, etc.

Shaihu Ousmane dan Fodio était un jeune homme intelligent et pieux qui prit une position modérée dans ce débat, rejetant à la fois les opinions extrémistes et la complaisance. Convaincu qu’il était le mujaddid de son siècle — « restaurateur de la foi » envoyé par Allah tous les cent ans pour reformer l’Islam —, il voyagea d’un État haoussa à l’autre, se faisant autant d’amis que d’ennemis, prêchant plus la réforme aux musulmans que l’Islam aux païens.

Dans cette atmosphère tendue, le conflit armé était inévitable et il a suffit d’un malentendu pour provoquer le djihad dans les terres haoussas. Cette lutte connut son développement le plus intense dans la mise en place d’un empire musulman gouverné par Shaihu Ousmane et ses djihadistes depuis la ville murée de Sokoto.

Carte de l'Afrique de l'Ouest vers 1800 apr. J.-C., qui montre l'imamat du Fouta-Djalon, les royaumes bambaras de Ségou et Kaarta, l'imamat du Fouta-Toro, les royaumes de Waalo, Djolof, Cayor, Baol, Sine, Saloum et Kaabu, le royaume de Koya, le Protectorat britannique, le royaume songhaï de Dendi, le sultanat de l'Aïr, les royaumes Mossis, l'empire Kong, l'empire de Kanem-Borno, les Royaumes Haoussas (Kano, Rano, Gobir, Katsina, Daura, Biram, Zazzau, Zamfara, Kebbi, Nupe, Kwararafa ou Jukun), l'empire Sokoto, les royaumes du Bénin, d'Oyo, d'Igala, d'Ijebu, de Nri et du Borgou, la Confédération d'Aro, le royaume de Dahomey, la Côte-de-l'Or Néerlandaise et l'empire Ashanti.
Carte de l'Afrique de l'Ouest vers 1830 apr. J.-C., qui montre l'imamat du Fouta-Djalon, les royaumes bambaras de Ségou et Kaarta, l'empire du Macina, l'imamat du Fouta-Toro, les royaumes de Waalo, Djolof, Cayor, Baol, Sine, Saloum et Kaabu, le royaume de Koya, le Protectorat britannique, le royaume songhaï de Dendi, le sultanat de l'Aïr, les royaumes Mossis, l'empire Kong, l'empire de Kanem-Bornou, l'empire Sokoto, les royaumes du Bénin, d'Oyo, d'Igala, d'Ijebu, de Nri et du Borgou, la Confédération d'Aro, le royaume de Dahomey, la Côte-de-l'Or Néerlandaise et l'empire Ashanti.

1830 apr. J-.C. : Esclavage aboli

L’esclavage fut aboli en Grande-Bretagne en 1807 et sa marine patrouilla dès lors les côtes de l’Afrique pour appréhender les expéditions illégales et relâcher les captifs trouvés à bord des navires. Les économies des royaumes africains ont souffert de cet embargo sur les esclaves, en particulier les royaumes côtiers d’Oyo, Ashanti, Dahomey et Bénin.

L'empire du Macina

Inspiré par le djihad d’Ousmane dan Fodio dans les royaumes haoussas et réputé avoir étudié avec lui, Sékou Amadou, un Peul musulman, lança son propre djihad contre les chefs peuls de la région du Macina, les accusant d’idolâtrie. Pendant des siècles, ils avaient accepté être gouvernés par les bambaras de Ségou, des païens, et leurs sujets pratiquaient une version syncrétique de l’Islam.

Le djihad s’étendit pour cibler les Bambaras, les Bozos et tout autre groupe païen ou partiellement islamisé et fut finalement la fondation de l’empire du Macina, qui couvrait toute la région de Tombouctou à Djenné.

Carte de l'Afrique de l'Ouest vers 1830 apr. J.-C., qui montre l'imamat du Fouta-Djalon, les royaumes bambaras de Ségou et Kaarta, l'empire du Macina, l'imamat du Fouta-Toro, les royaumes de Waalo, Djolof, Cayor, Baol, Sine, Saloum et Kaabu, le royaume de Koya, le Protectorat britannique, le royaume songhaï de Dendi, le sultanat de l'Aïr, les royaumes Mossis, l'empire Kong, l'empire de Kanem-Bornou, l'empire Sokoto, les royaumes du Bénin, d'Oyo, d'Igala, d'Ijebu, de Nri et du Borgou, la Confédération d'Aro, le royaume de Dahomey, la Côte-de-l'Or Néerlandaise et l'empire Ashanti.
Carte de l'Afrique de l'Ouest vers 1860 apr. J.-C., qui montre l'imamat du Fouta-Djalon, l'Empire toucouleur, l'imamat du Fouta-Toro, le Sénégal français, les royaumes de Djolof, Cayor, Baol, Sine, Saloum et Kaabu, l'Empire wassoulou, le royaume de Koya, le Protectorat britannique, la République du Liberia, le royaume songhaï de Dendi et le sultanat de l'Aïr, les royaumes Mossis, l'empire Kong, l'empire de Kanem-Bornou, l'empire Sokoto, les royaumes du Bénin, d'Oyo, d'Igala, d'Ijebu, de Nri et du Borgou, la Confédération d'Aro, le royaume de Dahomey, la Côte-de-l'Or Néerlandaise et l'empire Ashanti.

1860 apr. J-.C. : Les Empires toucouleur et wassoulou

L’Empire toucouleur

Al-Hajj Oumar Tall, né parmi les Toucouleurs du Fouta-Toro, a passé des années à La Mecque et à Médina, où il a été désigné khalifa, ou représentatant d’Allah, d’un ordre islamique du Soudan.

Lorsqu’il retourna dans sa région natale vers 1848, le clerc zélé fonda une théocratie près du Fouta-Djalon et, avec le support des Toucouleurs, lança un djihad contre les États animistes bambara de Ségou et Kaarta. Avant 1862, l’empire d’Oumar Tall conquit toute la région, y compris le Macina, et devint un pouvoir considérable résolu aux reformes morales et déterminé à débarrasser la région de tout vestige de croyance païenne, même parmi les populations musulmanes.

 L’Empire toucouleur croisa le fer avec les forces françaises qui avançaient vers l’intérieur depuis la côte sénégalaise. Finalement, et malgré tout son pouvoir, l’Empire toucouleur fut de très courte durée, vaincu par la puissance de feu supérieure des Européens en 1893, seulement quelques décennies après la mort d’Oumar Tall.

 

L’Empire wassoulou

Parmi les chefs qui se sont détachés de l’Empire toucouleur après la mort d’Oumar Tall, Samory Touré, un chef dioula sans éducation, a été le plus prospère. Bien équipé d’armes à feu européennes grâce au commerce extensif de son ethnie, l’armée de Samory prit contrôle de la région du Wassoulou, mettant en place un nouvel empire.

Cet empire fut lui aussi très éphémère, subsistant seulement deux décennies avant de tomber devant l’armée coloniale française en 1898.

 

Le Liberia

Dans les années 1820, l’American Colonization Society (ACS), dirigée par un groupe de riches Américains blancs, se fixa comme objectif d’organiser l’émigration des esclaves noirs affranchis, en partie parce que leur présence aux États-Unis défiait la fondation morale et légale de l’esclavage. Ces premiers immigrants noirs américains étaient des gens instruits qui, en 1847, déclarèrent leur indépendance de l’ACS et fondèrent la république du Liberia, prenant comme modèle les États-Unis.

Une combinaison de force militaire, d’accords commerciaux, et de mariages stratégiques avec les éminentes familles locales ont permis aux Américano-Liberiens d’exercer leur contrôle sur la région. Du fait de leur éducation, ils se sentaient supérieurs aux peuples indigènes, mais aussi aux autres esclaves affranchis qui sont arrivés plus tard et qui n’étaient pas instruits. Ceci a mené à des discriminations, en particulier dans les domaines de l’éducation et du commerce. Mais parce qu’il n’y avait pas de distinction raciale entre les nouveaux-venus et les locaux, ces derniers ont pu accéder à des positions plus élevées, inaccessibles dans les colonies européennes ultérieures, où la couleur de peau formait une barrière infranchissable entre les élites dirigeantes et le peuple.

Carte de l'Afrique de l'Ouest vers 1860 apr. J.-C., qui montre l'imamat du Fouta-Djalon, l'Empire toucouleur, l'imamat du Fouta-Toro, le Sénégal français, les royaumes de Djolof, Cayor, Baol, Sine, Saloum et Kaabu, l'Empire wassoulou, le royaume de Koya, le Protectorat britannique, la République du Liberia, le royaume songhaï de Dendi et le sultanat de l'Aïr, les royaumes Mossis, l'empire Kong, l'empire de Kanem-Bornou, l'empire Sokoto, les royaumes du Bénin, d'Oyo, d'Igala, d'Ijebu, de Nri et du Borgou, la Confédération d'Aro, le royaume de Dahomey, la Côte-de-l'Or Néerlandaise et l'empire Ashanti.
Carte de l'Afrique de l'Ouest vers 1914 apr J.-C., qui montre les colonies européennes: l'Afrique-occidentale française, la Gambie, Sierra Leone, Nigeria et Côte-de-l'Or britanniques, la Guinée portugaise, le Togoland allemand. Le Liberia est indépendant ainsi que les royaumes du Sine et du Saloum.

1914 apr. J-.C. : Colonisation européenne

Les Européens avaient été en contact avec l’Afrique de l’Ouest pendant des siècles, depuis que le Portugais Henri le Navigateur s’était donné comme mission d’explorer méthodiquement les côtes africaines au XVe siècle.

Les Portugais et, plus tard, les autres puissances européennes avaient fait beaucoup de commerce d’or, d’ivoire et d’esclaves avec les royaumes côtiers. Ils avaient pu profiter d’un réseau commercial développé qui existait déjà et de la très profitable monnaie en cauris.

 

Le partage de l’Afrique

La révolution industrielle a causé aux pays européens de nombreux problèmes économiques, sociaux et politiques : une nouvelle demande pressante de matières premières, des difficultés intérieures majeures dues au chômage, à la pauvreté, au déracinement social, etc., ainsi qu’une intense période de luttes de pouvoir entre les nations.

Les Européens ont donc tourné leur attention vers l’Afrique. En y établissant des colonies, ils pourraient résoudre beaucoup de ces problèmes : l’Afrique était riche en matières premières comme le caoutchouc, l’huile de palme, le coton, les arachides, etc. L’« excédent » de population européenne pouvaient y être envoyé, et, en outre, acquérir de nouveaux territoires était une façon de démontrer sa supériorité vis-à-vis des autres nations européennes.

C’est ce mélange subtil de facteurs économiques, politiques et sociaux qui est à l’origine du partage de l’Afrique, une période frénétique où les différents pouvoirs européens ont voulu, chacun, faire valoir leurs droits à des territoires pour le commerce, imposer des droits contre les autres marchands européens, et réclamer le contrôle exclusif des voies fluviales et des routes commerciales dans différentes parties d’Afrique.

Pour éviter que cette situation désordonnée ne tourne en conflits ouverts et en guerres sanglantes entre les pouvoirs européens, le chancelier allemand, Otto van Bismarck organisa la conférence de Berlin en 1884 pour rétablir l’ordre dans le processus de colonisation.

 

La résistance africaine

Les pays européens commencèrent par envoyer des agents pour signer des traités avec les chefs d’États africains. Beaucoup de ceux-ci signèrent les documents, pensant qu’il s’agissait de simples accords diplomatiques et commerciaux signifiant l’amitié entre les pays. Pour les Européens, ces traités voulaient dire que les Africains avaient cédé leur souveraineté aux pouvoirs européens. Quand les Africains se rendirent compte qu’ils avaient été bernés et que les Européens voulaient imposer leur autorité sur leurs terres et contourner les intermédiaires africains lors des négociations commerciales, les chefs organisèrent leurs armées pour résister.

Le roi du jeune Empire wassoulou, Samory Touré, résista aux Français pendant quinze ans, de 1882 à 1898, en utilisant une combinaison de stratégies, parmi lesquelles l’engagement direct, la guérilla, et la politique de la terre brulée. Il fit auprès d’autres européens l’acquisition de fusils à tir rapide et établit des ateliers afin de les réparer au besoin.

L’Empire ashanti a aussi tenu longtemps contre les Anglais dans une série de guerres, persévérant même après que les colonisateurs ont eu exilé leur roi et saisi leur capitale.

Malgré la résistance acharnée des Africains, ils ne pouvaient pas rivaliser avec le pouvoir des armes européennes. Alors qu’ils se battaient souvent avec des arcs, des lances, et d’anciens fusils, les Européens avaient accès, grâce à la révolution industrielle, à des fusils plus mortels, à des mitrailleuses et à des pièces d’artillerie.

En 1870, seulement 10% du continent africain était sous contrôle européen. En 1914, 90% de sa surface était colonisée.

 

Le règne colonial

L’Afrique de l’Ouest a été colonisée principalement par les Français et les Anglais. Ces deux pouvoirs avaient des philosophies très différentes en ce qui concernait le gouvernement de leurs colonies.

Au Nigeria et dans la Côte-de-l’Or, les Anglais préféraient un système de gestion indirecte en ce qui concernait les plus bas niveaux de l’administration. Ce qui veut dire qu’aux endroits où il y avait des institutions politiques avant la colonisation, les Anglais opéraient en alliance avec eux, mettant en place une autorité indigène, une trésorerie indigène, ainsi qu’un tribunal indigène, ce qui permettait aux populations locales de se gouverner dans une certaine mesure.

Les Français, en revanche, préfèreraient un système de régie directe très centralisée, avec des citoyens français à tous les niveaux de l’administration. Ils œuvraient aussi à une politique d’assimilation, s’efforçant de sortir les populations autochtones de leurs pays « barbares » et les amener vers un statut « civilisé » d’Africains français. Si un Africain pouvait parler couramment le français, obtenir des diplômes, et remplir d’autres conditions exigeantes, il pouvait devenir citoyen français. Cette idéologie était difficile à mettre en pratique, étant donné que les Français ne pouvaient ouvrir suffisamment d’écoles pour éduquer leurs sujets, ni établir les cadres administratifs et sociaux pour les employer tous.

Carte de l'Afrique de l'Ouest vers 1914 apr J.-C., qui montre les colonies européennes: l'Afrique-occidentale française, la Gambie, Sierra Leone, Nigeria et Côte-de-l'Or britanniques, la Guinée portugaise, le Togoland allemand. Le Liberia est indépendant ainsi que les royaumes du Sine et du Saloum.
Carte de l'Afrique de l'Ouest vers 1980, avec tous les États africains indépendants, y compris le Cap-Vert, le Sénégal, la Gambie, la Guinée-Bisseau, la Guinée, la Sierra Leone, le Liberia, la Côte d'Ivoire, le Ghana, le Togo, le Bénin, le Nigeria, le Mali, le Burkina Faso, et le Niger.

1980 apr. J-.C. : Les indépendances

Pendant les deux guerres mondiales, beaucoup de soldats africains ont été conscrits dans les armées impériales, ce qui leur a donné une plus grande conscience politique et des espoirs diffus de plus grand respect et d’autodétermination.

Après la Seconde Guerre mondiale, les populations colonisées ont créé des mouvements indépendantistes et les mouvements politiques se sont structurés. Avec la réduction du siphonnage des matières premières par l’Europe, des commerces locaux ont pu émerger dans les colonies ; les villages sont devenus des villes ; les travailleurs ont pu créer des organisations syndicales du fait de cette nouvelle urbanisation due à l’industrialisation, et ont eu accès à une meilleure éducation et à des postes de direction. À travers le continent, les colonies ont organisé la Conférence panafricaine pour prôner une fin pacifique au règne colonial. Avec l’aide des États-Unis, les colonies ont fait pression sur les pouvoirs impériaux afin qu’ils se conforment à la Charte de l’Atlantique qui comprend une clause établissant un droit pour les colonies à devenir autonomes. Tous ces facteurs réunis ont précipité le processus de décolonisation.

  • En 1957, le Ghana est le premier État ouest-africain a accéder à l’indépendance, l’année même où paraît le livre de Chinua Achebe, Le monde s’effondre.
  • En 1958, la Guinée déclaré son indépendance de la France.
  • En 1960, « l’année de l’Afrique », plusieurs États deviennent autonomes, y compris le Dahomey (actuel Bénin), la Cote d’Ivoire, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Nigeria, le Sénégal, le Togo et la Haute-Volta (aujourd’hui appelle le Burkina Faso)
  • En 1961, la Sierra Leone devient indépendante.
  • En 1965, la Gambie se libère du règne colonial.
  • En 1974, la Guinée-Bissau est le dernier État ouest-africain à devenir indépendant.
En 1980, toute l’Afrique de l’Ouest, et la majorité du reste du continent, a retrouvé son indépendance.
Carte de l'Afrique de l'Ouest vers 1980, avec tous les États africains indépendants, y compris le Cap-Vert, le Sénégal, la Gambie, la Guinée-Bisseau, la Guinée, la Sierra Leone, le Liberia, la Côte d'Ivoire, le Ghana, le Togo, le Bénin, le Nigeria, le Mali, le Burkina Faso, et le Niger.

 

Sources et lectures complémentaires

Bibliographie

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Dans l’Histoire Générale de l’Afrique :

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  • Asiwaju, A. I. (1996). Dahomey, pays yoruba, Borgu (Borgou) et Bénin au XIXe siècle. In J. F. Ade Ajayi (Éd.), Histoire Générale de l’Afrique, Vol. VI (pp. 745-770). Paris, France: UNESCO.

 

Autres œuvres:

 

Sources web

 

Sources cartographiques

 

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