Le Dama, Danse Masquée Dogon

Par l’intermédiaire des masques, les danseurs Dogon créent une ouverture sur le monde ancestral et spirituel, exhortant les âmes à partir vers l’au-delà.

Photograph of masked Dogon dancers in colorful costumes with cowrie shells during the Dama masquerade.
Image: Damon Winter.

Le Dama, à travers les yeux de l’observateur

[La] file des cent cin­quante danseurs masqués des Ogol … avait surgi des grès tremblants de mirage et s’était engagée dans la poussière des pistes traversant les champs. Presque tous ceinturés de fibres écarlates qui s’ouvraient sur des fibres noir luisant ou jaune paille, les hommes portaient sur la poitrine les faux seins noirs ou les bandes de cauris cousus, éclatants de blancheur. Les visages se cachaient sous les cagoules tressées dont certaines se crêtaient d’un court plumet beige ou d’un cimier rouge, à la romaine. Ils représentaient les jeunes gens, les forgerons, les Peuls, les cordonniers, les tambourinaires, les Maures, les voleurs rituels, les chasseurs. D’autres portaient les masques en bois taillés et peints des trois couleurs fondamen­tales, rouge, noir, blanc. Antilope chevaline, cervidés, oiseaux picoreurs, « déployeurs d’ailes de brousse » à la haute croix de Lorraine, enfin les longs mâts dits « maison à étage ».

Tous tenaient en main des branchages verts, sorte de témoi­gnage de leur essence fraîche… casqués et muselés de coiffes et de visages du monde des morts, ceinturés de la jupe écarlate, symbole du soleil.

Sur la grand’place d’Ogol du Bas, ils se lançaient par petites files de même costume, chassemouches ou vannerie colorée en main, exécutant leurs figures propres ou les danses générales, rythmées sur les tambours et les cloches de fer, au milieu des poussières, encouragés par les chants en langue vulgaire et les déclamations en langue sacrée : Versez des larmes pour mon père mort ! L’eau tombe, tombe de mes yeux !

Et sur la terrasse mortuaire où ils accédaient par les encoches des troncs servant d’échelles, ils piétinaient dans l’étroit espace, entrecroisant leurs silhouettes rouges et noires …

Sur la grand’place, selon Ogotemmêli, on voyait le système universel en couleurs et en mouvement. Sur la terrasse, les masques traçaient l’avenir du monde. 

― Marcel Griaule​ [1]​

À travers l’objectif du photographe

À travers le mouvement et le son

[Dogon/Français, avec sous-titres anglais.]

Sources et lectures complémentaires

  1. [1]
    Griaule M. Dieu d’eau : Entretiens Avec Ogotemmêli. Paris : Fayard, 1948.
  2. [2]
    Huib B. « Dogon Images and Traditions ». In : Academia [En ligne]. [s.l.] : [s.n.], 2010. Disponible sur : < https://www.academia.edu/33713746/Dogon_Images_and_Traditions > (consulté le septembre 2019)
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